Lettre à Muñeca

 

Jour du décès : Mardi 13 décembre 2016
Heure du décès : 12h15
Cause : euthanasie

 

Lettre à Muñeca,

Ma princesse, ma douce, ma tendre Muñeca, Quelle belle route nous avons parcourue ensemble !

Lorsqu'on a diagnostiqué ta tumeur au poumon, le 07 aout 2016, il était évident pour beaucoup de personnes que je devais écouter la proposition du vétérinaire, à savoir l'euthanasie afin de téviter de pénibles souffrances.

Certes, on savait que l'issue était fatale et que tu irais de mal en pis mais, je voulais profiter encore de toi et ce, le plus longtemps possible. Peut-être était ce égoïste de ma part, peut-être que j'espérais un miracle, peut-être .....

Le vétérinaire m'a expliqué que, vue la taille de la tumeur et le magnifique chapelet de métastases qui l'accompagnait, il n'y avait aucun traitement possible, aucune intervention chirurgicale envisageable, aucun espoir de rémission. Pourtant, malgré ton âge (bientôt 13ans), ton cœur était en parfait état et battait encore comme dans le corps d'une jeunette. Si je ne me décidais pas pour l'euthanasie, si ton cœur continuait de battre encore et encore, cette tumeur déjà grosse comme un pamplemousse prendrait de plus en plus de place dans tes poumons et petit à petit, les difficultés respiratoires augmenteraient....jusqu'à t'étouffer !

"Muñeca, ma princesse, mon amour, je vais t'aider, je vais faire le maximum et bien plus encore pour que tu supportes cette épreuve mais, je ne peux pas donner l'aval pour cette pique fatale, pardonne moi."

De quel droit  pouvais-je décider de la vie ou de la mort d'un être ? De quel droit prendrais-je le pouvoir sur la vie ? Ma chérie Muñeca, Je ne m'en sentais pas capable et, après en avoir longuement discuté avec notre véto, j'ai décidé d'attendre un signe de ta part, j'ai décidé d'attendre que toi...tu me demandes de t'aider à partir.

Mais encore fallait-il que je sois capable de l'entendre ce signe que j'espérais de ta part. Aussi, je me suis lancée dans la communication intuitive, j'ai beaucoup travaillé sur ça, j'ai testé mes progrès ici, sur tes copains.....et pour tout t'avouer, je ne suis pas certaine qu'ils aient entendu mes messages. Pas grave, j'ai continué encore et encore , puis j'ai tenté avec toi. Chaque jour, j'ai communiqué avec toi par la pensée, as tu reçu mes messages ? encore aujourd'hui, je n'en sais rien mais j'ose l'espérer !

Durant ces 4 mois, je t'ai chouchouté, dorloté, caressé sans cesse et avec tout mon amour. Je t'ai cuisiné des petits plats pour t'inciter à manger, j'ai même acheté du pâté, tu te rends compte, moi la végétarienne qui refuse toute chair animale dans ma maison, j'ai acheté du pâté (et même de la viande) pour que tu aies envie de manger un peu. Quand je te faisais de la viande, tu voulais tes croquettes, quand je te préparais tes croquettes, tu voulais des pates...pour un peu, tu m'aurais fais tourner en bourrique mais, pas grave ma Muñeca, je n'ai pas baissé les bras et j'ai cédé à tes caprices avec un immense bonheur.

Quand tu tombais dans la jardin parce que tes jambes ne te portaient plus, j'accourais et te portais jusqu'à ton canapé ; Quand le souffle te manquait, je t'aidais avec un peu de kiné respiratoire et je nouais des mouchoirs imbibés d'huiles essentielles de ravinsara à ton collier ; Je t'ai fais tes toilettes et celle de ton canapé pour pallier (chut, on dit rien) aux accidents des mauvais jours ; J'arrangeais toutes mes sorties et inventais des excuses pour ne pas te laisser seule longtemps car je savais que tu te retiendrais de pipi et je ne voulais pas t'infliger ça en plus. Les 3 dernières semaines, je nous ai enfermé dans une bulle toutes les 2, notre bulle rien qu'à nous : je n'ai plus écourté mes sorties, je les ai carrément refusées parce que je voulais être là au cas ou tu aurais eu besoin de quoi que ce soit....

Et puis, l'autre soir, comme d'habitude je me suis assise à côté de toi, une fesse sur ton canapé et l'autre dans le vide, je t'ai donné des gâteaux aux pépites de chocolat tu sais, ceux que j'adore tant, je te les donné comme on donne la becquée petit bout par petit bout...ha tu t'es régalé là hein ma belle.....puis, pour me faire plaisir, tu as avalé encore un morceau et tu as tourné ta tête droit vers moi, planté ton regard dans mes yeux en léchant tes babines  et.............j'ai entendu !
Muñeca, je t'ai entendu à ce moment précis, j'ai compris ton message, j'ai su tout au fond de mon cœur et instantanément que tu voulais partir, je ne sais pas encore aujourd'hui comment c'est possible, j'ai même pas osé en parler par peur de passer pour folle mais je l'ai entendu non pas dans mes oreilles mais dans mon cœur et dans ma tête, c'était comme un flash, un truc bref mais tellement précis, j'ai compris ce que tu me disais : que tu étais prête et que je l'étais moi aussi !

Il m'a fallu un peu de temps pour analyser cette chose qui venait de se passer, j'espère que tu ne m'en veux pas Muñeca, mais ces 4 derniers jours étaient nécessaires pour que je puisse tout te dire, tout t'expliquer afin que tu saches exactement comment nous allions procéder, ce qui allait donc se passer pour toi et ainsi  t'aider à quitter ce corps qui te devenait inutile et trop douloureux.

Quand le docteur toutou est arrivé hier à la maison, tu n'as pas eu de stress, aucune peur car, tu savais !....Je suis restée à tes côtés ma Muñeca, une main sur ton cœur  et l'autre sous ta tête... jusqu'au bout je tenais à te donner mon amour et mon soutien.

Ma Muñeca, ton âme a quitté ce corps que nous allons enterrer dans le jardin où tu as gambadé durant de belles années et je pleure ton absence et notre séparation.

Mais, je te remercie de m'avoir donné ce temps avec toi, je te remercie de m'avoir donné ce temps pour m'informer et apprendre tellement de chose sur la vie, la mort. Tu m'as donné la chance de comprendre l'univers et de voir la mort différemment. Tu m'as donné l'opportunité de savoir que rien ne s'arrêtait, que la mort n'est pas une porte qui fait peur.  Pour toutes ces années de bonheur avec toi, pour tout ce que tu m'as donné ces dernières semaines, je t'en serai éternellement reconnaissante et, si tu étais venue sur terre avec une mission, ça devait être celle là, celle d'ouvrir la conscience de la  brave humaine que je suis !
Ma princesse d'amour, tu as été un éveilleur de conscience extraordinaire, Merci pour cela car, grâce à toi, nous sommes toutes les deux sereines et en paix.

Ma Muñeca, je t'ai toujours donné plein de surnoms tel que "ma princesse", "mon amour", "ma précieuse", "ma chérie", "ma beauté", "ma danseuse", "ma douce" mais, à partir de maintenant, tu seras pour toujours "mon ange"
Bon voyage à toi mon ange. Je t'aime

 

J'ai écris cette lettre à Muñeca pour informer à ma manière les propriétaires de gentils toutous...Puisse cette lettre les aider  si un jour ils devaient eux aussi  envisager l'euthanasie de leur ami.

Pour terminer, je me permets de leur donner un conseil :

Ne précipitez pas les choses, rien ne presse, la mort peut bien attendre !

Se préparer à la  mort de votre compagnon et l’accepter est le meilleur cadeau que vous puissiez lui faire.

Certains veulent euthanasier leur animal au moindre signe de maladie ou dés celle-ci diagnostiquée, pour lui éviter de longues souffrances. Mais, il faut comprendre  qu’une telle prise de décision et un passage à l’acte prématuré peut parfois gêner l’âme de l’animal à se dégager du corps. Votre animal doit pouvoir faire un travail de préparation à sa mort et sa souffrance est parfois utile pour qu'il prenne conscience de sa  fin imminente. Votre vétérinaire lui prescrira les médicaments nécessaires pour l'aider à supporter et soulager sa douleur le temps qu'il faudra

Si une décision d’euthanasie doit être prise, il faudrait de toute façon pouvoir en informer  votre animal bien avant, de façon à ce qu’il s'y prépare. L’euthanasie, lorsqu’elle est bien préparée et accomplie, est aussi apaisante pour l’animal que pour son maitre.

 

Pour en savoir plus sur la communication intuitive, c'est ici

Muneca

 

Sources : énergie-santé